Pour toutes celles et ceux qui ne peuvent pas emmener leurs enfants en voyage, ou qui aimeraient simplement ajouter un peu de magie à leur quotidien, voici un article qui pourrait vous inspirer…
Voici le récit de nos voyages confinés (comme je les ai baptisés) :
Au printemps 2020, lorsque nous avons été confinés avec autorisation de sortie d’une heure par jour dans un rayon d’un kilomètre autour de notre domicile, j’ai eu envie de trouver une façon sympa et originale pour occuper mes filles le temps d’un week-end.
Après un peu de réflexion, j’ai eu l’idée de les emmener en vacances, tout en restant dans notre salon. Une façon de créer du dépaysement dans un quotidien bien rythmé entre l’école à la maison et les moments où elles devaient s’occuper seules pendant que nous étions en télétravail.
Ma devise:
« Puisqu’on ne peut pas partir en voyage, les voyages viendront à nous! »
1. Camping

Pour commencer, après avoir passé en revue les décors potentiels et autres éléments que je pourrais utiliser dans la maison, j’ai choisi d’emmener les filles au camping, tout simplement.
Une petite tente qui se monte en un instant, une table pliante, quelques plantes, un panneau avec le nom du camping et voilà, notre salon transformé en un minimum de temps.
Les filles étaient ravies et ont aussitôt investi leur nouvel espace de jeu. Elles ont été occupées tout l’après-midi. Pari gagné!

Vu le succès de ces mini vacances à la maison, j’ai décidé de poursuivre l’expérience et de leur proposer chaque week-end une nouvelle destination surprise, et ce, pendant toute la durée du confinement.
Autant dire que les filles attendaient le prochain week-end avec impatience!
2. Plage

Deuxième week-end, après le camping, restons simple et efficace: direction la plage!
J’ai repoussé les canapés, installé un tissu bleu le long du mur pour la mer, j’y ai installé des canards, des poissons et des coquillages.
J’ai étalé leurs serviettes de plage, sorti les seaux et les pelles, puis je leur ai demandé d’enfiler des tenues de plage, casquettes et lunettes de soleil.
Une petite musique de vacances pour se mettre dans l’ambiance, et les voilà, prêtes à descendre de leur chambre pour leur deuxième destination.
Quelques minutes plus tard, elles étaient allongées sur leurs serviettes, comme à la plage, un grand sourire aux lèvres…
3. Carnaval de Rio

Pour notre troisième destination j’ai décidé de les emmener faire la fête un peu plus loin:
direction le carnaval de Rio!
En guise de décor, j’ai accroché aux murs de vieux rideaux et tissus colorés et j’y ai épinglé tous les masques de carnaval que j’ai pu trouver dans la maison (nous en avions fait un certain nombre ces dernières années, les filles aimant tout autant les loisirs créatifs que moi…).

Ensuite, qui dit carnaval dit tenue de rigueur. Nous sommes passé aux essayages, en mélangeant déguisement des filles et robes à moi, le but étant d’avoir des costumes qui brillent et qui soient colorés au maximum!
On a choisi chacune nos masques, rajouté quelques plumes (sinon ce ne serait pas le carnaval de Rio), les filles ont pris leurs maracas et nous étions prêtes pour le défilé.
Le temps de lancer une petite musique de samba entrainante, et nous voilà, en train de danser comme si nous étions au Brésil!
4. Ile de Pâques

Le week-end suivant étant le week-end de Pâques, ma fille aînée a suggéré (avec une logique certaine) que nous partions à l’Ile de Pâques.
Cette fois, il fallait trouver un moyen de faire venir les fameuses statues emblématiques de l’Ile jusqu’à nous.
Heureusement, nous avions conservé pas mal de cartons à la cave; j’ai donc décidé de découper et de peindre des statues (les plus grandes possible) et ensuite de les faire tenir au mur du salon.

Le temps étant au beau fixe, j’ai investi notre terrasse pour avoir plus de place pour peindre.
Puis il a suffi d’accrocher un drap blanc pour masquer le mur et d’y accrocher nos « statues de Pâques », résultat garanti!
5. Belgique

Cinquième week-end, nous aurions dû aller en Belgique pour voir ma famille, chose bien sur rendue impossible par le covid. J’ai donc créé un Atomium (l’équivalent belge de la tour Eiffel) sur mesure pour le salon, entièrement réalisé en carton et recouvert de feuilles d’aluminium.
J’ai aussi peint du carton en vert pour la végétation (N.B.: toujours avoir un peu de peinture acrylique chez soi, ça peut servir!). J’ai tout assemblé avec une agrafeuse basique et fait des frites maison à déguster dans un cornet en papier.
Certes, cela n’était pas aussi sympa que de voir la famille, mais c’était un prix de consolation tout à fait honorable vu les circonstances.
6. Pôle Nord

Sixième week-end (déjà!), cette fois, dépaysement garanti, nous changeons d’univers et partons au Pôle Nord! Je réutilise la tente, transformée en igloo pour l’occasion avec de simples draps blancs, que j’utilise d’ailleurs aussi pour recouvrir les murs.

Les filles sortent leur tenue de neige, j’installe le ventilateur (pas très écologique mais je ne l’ai pas fait tourner longtemps).
Il ne manque plus qu’un « trou dans la glace » pour pêcher des poissons, et c’est parti pour l’aventure!
7. Amazonie

Septième week-end, la fin du confinement approche, encore un week-end après celui-ci, et à nous la liberté!
Cette fois, je décide de mettre le paquet sur les décors. Après la banquise, je crée pour les filles la plus belle des jungles amazoniennes de salon.

Là, j’avoue, ça m’a pris beaucoup (BEAUCOUP) plus de temps. J’ai même mis les filles à contribution.
Ensemble nous avons fait de nombreuses fleurs et papillons en papier, puis j’ai peint plein de décors en carton (que ferions-nous sans carton?).
Je voulais créer plusieurs niveaux, comme dans les théâtres à l’ancienne, pour qu’on ait vraiment l’impression d’être entourées de jungle.
J’ai utilisé des draps vert et marron, des bouts de tissu, des cordes pour créer des lianes. J’ai aussi découpé des photos d’animaux dans des magazines animaliers des filles pour plus de réalisme et je les ai collés sur des cartons.

Pour installer la jungle j’ai utilisé nos meubles de salon pour faire tenir les différents cartons, suspendu les papillons aux lampes, accroché des tissu et des cordages recouverts de tissus, accroché les fleurs aux décors peints.
Bref, j’ai utilisé pas mal (une quantité astronomique) d’épingles et d’agrafes pour tout faire tenir. Mais j’avoue qu’en voyant le résultat j’étais plutôt fière de moi!
Ambiance oblige, on a trouvé des « sons de la jungle », avec des cris d’oiseaux et autres pour mettre comme « musique » de fond.

Les filles ont revêtu leur tenue d’exploratrices en herbe et sont parties à la découverte de l’Amazonie munies de leurs jumelles, appareils photo et sacs à dos. (Elles ont quand même fini par en revenir en un seul morceau, ouf!)
8. Dernier week-end de voyage

Huitième et dernier week-end avant la réouverture au monde. Pour cette dernière étape de nos voyages confinés, je voulais marquer le coup avec une « destination » spéciale.
Je n’avais pas prévu d’y passer trop de temps (la jungle m’en avait pris suffisamment et je commençais à être à court de peinture et de cartons), donc j’ai réutilisé des éléments des décors précédents pour créer ce dont rêvent de nombreux enfants (et adultes?):
Une machine à voyager dans le temps!
(Si si, c’est possible!)
J’ai utilisé des morceaux de l’Atomium et je les ai transformés pour créer la « Time machine » (petit clin d’oeil à H.G.Wells).
J’ai bien entendu intégré deux fauteuils pour que les filles puissent « partir » en même temps, et je leur ai laissé choisir leur destination.

Cette fois pas de limites, tout est possible, que ce soit retourner dans le passé ou voyager vers le futur (pour nous ramener le vaccin anti-covid qui n’existait pas encore à l’époque par exemple?), etc.
Leur imagination a fait le reste et le week-end est passé à une vitesse incroyable!
Les filles étaient presqu’un peu déçues que le confinement se termine déjà…
Déjà la fin du confinement…
C’est ainsi que s’achève le récit de nos aventures.
Ces voyages nous ont bien occupées (moi y compris). Ils ont transformé un évènement désagréable (pour une majorité d’entre nous) en souvenirs inoubliables.
J’ai réalisé qu’il suffit parfois de peu de chose et de peu de moyens pour rendre une situation beaucoup plus supportable, que l’imagination reste un terrain de jeu infini, non seulement pour les enfants, mais aussi pour nous, et qu’il ne faut jamais hésiter à s’en servir! (On en a tous, c’est gratuit, alors pourquoi s’en priver?!)



